Statement by Ambassador Wittig on ICC Briefing on Libya

May 4, 2011

(as delivered)

[In honor of the French Presidency of the Security Council in the month of May, Ambassador Wittig delivered the following statement in French]

Monsieur le Président,

d´abord j`aimerais remercier Ambassadeur Osorio pour sa présidence excellente en avril et je vous félicite, Monsieur le Président, de présider le Conseil en mai.

Je remercie le Procureur de la Cour pénale internationale, M. Moreno-Ocampo, pour son rap­port et sa communication sur l’évolution de son enquête en Libye. Nous sommes conscients de la grande responsabilité qui incombe au Procureur en tant qu’organe indépendant de la CPI dans la réalisation de l’enquête en Libye.

L’Allemagne soutient énergiquement l’action de la Cour pénale internationale en Libye. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier le Procureur et son équipe d’avoir ouvert rapidement une enquête. Les auteurs des crimes de droit international en Libye doivent être amenés à répondre de leurs actes au plus vite et justice doit être rendue aux victimes.

Monsieur le Président,

En adoptant à l’unanimité la résolution 1970 et en décidant de saisir la Cour pénale interna­tionale de la situation en Libye, le Conseil de sécurité a fait preuve de clairvoyance. Cette résolution est axée sur la protection des civils. Chaque État a la responsabilité de protéger sa population contre les crimes les plus graves : tel est le second message qui sous-tend la réso­lution 1970 dont l’importance ne se limite pas à la Libye.

Ce message va au-delà de la Libye.

Il faut que la violence cesse dans les plus brefs délais en Libye et qu’un cessez-le-feu solide soit conclu afin de pouvoir redoubler d’efforts dans la recherche d’une solution politique. Les réunions de Doha et du Caire ont largement contribué à concrétiser les objectifs que la com­munauté internationale poursuit au delà de l’action militaire. Nous estimons qu’il est impor­tant d’associer tous les intéressés dans un processus politique et notamment les acteurs de la région.

Le régime de Kadhafi a joué sa légitimité et il l’a perdue. Il doit faire place à un gouverne­ment issu de la volonté du peuple. Ce gouvernement s’emploiera à mettre en œuvre la démo­cratisation et l’ouverture de la Libye. Cela nécessitera également un processus de réconcilia­tion intérieure ainsi qu’une mise au net systématique des injustices commises.

Par conséquent, l’Allemagne se félicite de ce que l’enquête sur la situation en Libye soit menée non seulement avec fermeté mais aussi avec la circonspection requise, notamment en matière de protection des témoins. Les premiers progrès rapides enregistrés dans l’enquête et dont le Procureur nous a informés sont encourageants. Nous attachons la plus grande impor­tance à ce que justice soit rendue le plus rapidement possible aux victimes du conflit libyen et à ce que les personnes qui portent une responsabilité particulière et lourde dans d’éventuels crimes contre l’humanité ou autres graves délits au sens du Statut de Rome soient contraintes de répondre de leurs actes. Ceux qui continuent à commettre des crimes graves en Libye doivent savoir une chose : le Conseil de sécurité des Nations Unies et la Cour pénale interna­tionale, si nécessaire ensemble ou chacun séparément dans son domaine de compétence, garantissent que les crimes de droit international ne resteront pas impunis!

Monsieur le Président,

La coopération de la communauté internationale avec la CPI est essentielle pour permettre de faire toute la lumière sur les graves délits présumés en Libye. L’Allemagne se félicite de l’excellente coopération que de nombreux États et organisations pratiquent déjà avec le Procureur. Néanmoins, la responsabilité première incombe aux autorités libyennes. Nous les exhortons à respecter les engagements qui leur incombent en vertu de la résolution 1970 et à coopérer rapidement et pleinement avec la CPI et le Procureur. Les autorités libyennes sont tenues de donner au Procureur de la CPI la possibilité d’ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur le territoire libyen.

Monsieur le Président,

Nous restons extrêmement inquiets face aux souffrances qui continuent d’être infligées à la population civile en Libye. Les violations graves des droits de l’homme et du droit internatio­nal humanitaire restent à l’ordre du jour. Nous sommes vivement préoccupés par les cas de viol et de torture ainsi que par l’emploi d’armes à sous-munitions et d’armes lourdes contre la population civile que le Procureur décrit dans son rapport. Nous condamnons avec la plus grande fermeté la poursuite de la violence et demandons instamment à toutes les parties au conflit de mettre un terme à ces crimes et de respecter les droits de l’homme et le droit inter­national humanitaire.

Les efforts déployés par l’ONU et notamment par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) pour soulager la détresse humanitaire et pour coordonner l’aide huma­nitaire sont exemplaires et il faut s’en féliciter. Néanmoins, la situation à Misrata en particu­lier reste inquiétante. L’Allemagne a récemment débloqué des fonds substantiels pour soutenir le transport de biens humanitaires à Misrata. Mon pays a déjà fourni une importante aide humanitaire pour la population civile touchée par la crise en Libye. Nous sommes prêts à continuer à fournir de l’aide.

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